A
l’occasion de la semaine internationale d’action contre le racisme,
l'association Les
Indivisibles propose la deuxieme édition des Y'a bon awards !
Cette
cérémonie parodique ironiquement baptisée les « Y'A Bon Awards »
en référence au célèbre tirailleur africain qui ne savait pas dire « c’est bon
» sera l’occasion de remettre des prix aux porteurs de préjugés et réflexions
racistes - ostensibles ou non - tenus dans l’espace public.
Parmi eux, des personnalités politiques, des journalistes ou illustres « penseurs » médiatiques.
Les stéréotypes restent très présents dans les discours publics véhiculés par des leaders d'opinion qui alimentent ce racisme « ordinaire ». Et cela ne date pas d’hier, souvenez-vous des phrases cultes telles que « le bruit et l’odeur… »
La cérémonie des « Y'A Bon Awards » se déroulera le mardi 17 mars à 19H00, au Centre musical Fleury Goutte d'Or Barbara, Paris 18ème arrondissement, et sera animée par l’humoriste Blanche et la comédienne Aïssa Maïga, en présence de Yassine Belattar, Thomas Pitiot, Bams, Jann Halexander, Merlot et Greg Frite, avec le soutien de la Mairie de Paris, Les Inrockuptibles, la Fondation Seligmann, le magazine Fumigène, Respect Magasine et l’Ambassade des Etats Unis.
Au cours de cette soirée seront décernés 7 prix dont ceux du « meilleur » journaliste, du prix littéraire, de l’homme/ la femme politique de l’année et quelqu’un se verra décerner un prix pour l’ensemble de son œuvre.
Créée en janvier 2007, l'association Les Indivisibles rassemble une centaine de militants qui déconstruisent, grâce à l’humour et à la dérision, les préjugés ethno-raciaux et en premier lieu, celui qui nie ou dévalorise l’identité française de certains citoyens en raison de leur faciès, de leur nom ou de leur pratique religieuse.
Avec les « Y'A Bon Awards », Les Indivisibles souhaitent responsabiliser l'opinion publique et les médias face à la diffusion de ces préjugés largement répandus et entretenus par les personnalités publiques. Cette soirée sera l'occasion de rappeler qu'il n'existe pas de hiérarchie dans la citoyenneté, la France étant aujourd'hui un pays aux couleurs, aux religions et aux influences culturelles plurielles.
Les lauréats :
PRIX "LE BRUIT ET L'ODEUR"
Luc Ferry, (Ancien Ministre de la Jeunesse, de l'Education nationale et de la Recherche)
24 février 2006 LCI
«Tous les quatre jours, une femme meurt sous les coups de son mari. Est-ce qu'il s'agit d'un phénomène endogène européen ou de traditions ? "Bats ta femme tous les soirs, si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait", c'est le fameux proverbe arabe. Donc est-ce qu'il ne s'agit pas de traditions importées ?»
PRIX "LES ENVAHISSEURS"
Sylvie Noachovitch (A l'époque candidate UMP dans le Val-d'Oise)
Le Canard Enchainé, 13 juin 2007
«Moi, mon mari peut dormir tranquille. Dans ma circonscription, il n'y a que des Noirs et des Arabes. L'idée de coucher avec l'un d'entre eux me répugne.»
(Corrigé sur RTL par Nicolas Poincaré, qui aurait entendu « me révulse »)
PRIX "TU L'AIMES OU TU LA QUITTES"
Alain Finkielkraut (Philosophe Ecrivain)
1)"What sort of Frenchmen are they?", by Dror Mishani and Aurelia Smotriez, Haaretz, 17 novembre 2005
"In France, they would like very much to reduce these riots to their social dimension, to see them as a revolt of youths from the suburbs against their situation, against the discrimination they suffer from, against the unemployment. The problem is that most of these youths are blacks or Arabs, with a Muslim identity. Look, in France there are also other immigrants whose situation is difficult - Chinese, Vietnamese, Portuguese - and they're not taking part in the riots. Therefore, it is clear that this is a revolt with an ethno-religious character. »
« En France, on aimerait bien réduire ces émeutes à leur dimension sociale, les voir comme une révolte des jeunes des banlieues contre leur situation, contre la discrimination dont ils souffrent, contre le chômage. Le problème est que la plupart de ces jeunes sont des Noirs ou des Arabes avec une identité musulmane. Regardez ! En France il y a aussi des immigrés dont la situation est difficile "des Chinois, des Vietnamiens, des Portugais " et ils ne prennent pas part aux émeutes. C'est pourquoi il est clair que cette révolte a un caractère ethnique et religieux. »
2) « People say the French national team is admired by all because it is black-blanc-beur ["black-white-Arab" - a reference to the colors on France is tricolor flag and a symbol of the multiculturalism of French society - D.M.]. Actually, the national team today is black-black-black, which arouses ridicule throughout Europe »
« Les gens disent que l'équipe nationale française est admirée par tous parce qu'elle est black-blanc-beur. En fait, l'équipe de France est aujourd'hui black-black-black, ce qui provoque des ricanements dans toute l'Europe. »
PRIX "POUR L'ENSEMBLE DE SON OEUVRE"
Eric Raoult (Député maire du Raincy)
1) Le Parisien, 7 mars 2008, Le coup de pouce de Fillon à Aminata Konaté
« Aminata contre Brard, c"est Naomie (Campbell) contre Peppone ! C"est la Rama (Yade) de Montreuil »
2) Le Parisien, 8 septembre 2007
Eric Raoult trouve « logique et bienvenue » la visite de Rama Yade auprès des squatteurs d'origine africaine. « Que préfère-t-on: la matraque ou le dialogue ? interroge-t-il. En respectant la coutume des palabres, elle favorise l'apaisement »
3) Canal +, Le Vrai journal, 2007
« On est pas une communauté comme au village. Le Raincy, c'est pas Bamako »
4) Documentaire de Michaëlle Gagnet (« Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? »), 14 février 2006
Raoult répond à la question de Dogad Dogoui sur l'absence de Noirs au Parlement: « C"est pour un mariage blanc ? »
PRIX "A TITRE POSTHUME"
Pascal Sevran, Var Matin, 2 décembre 2006
« Les coupables sont facilement identifiables, ils signent leurs crimes en copulant à tout-va, la mort est au bout de leurs bites, ils peuvent continuer parce que ça les amuse, personne n'osera leur reprocher cela, qui est aussi un crime contre l'humanité : faire des enfants, le seul crime impuni. On enverra même de l'argent pour qu'ils puissent continuer à répandre, à semer la mort. »
PRIX "C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS"
Anne
Raconté par un jeune comédien. Il est Français, ses deux parents sont Maliens. Il est plutôt grand, plutôt beau et passe "donc" des castings pour des publicités, en particulier celles où il est précisé "type africain". Il n'est jamais retenu sur ces castings. Un jour, il demande à une directrice de casting pourquoi :
- "Vous ne faites pas assez Africain".
- "Ca veut dire quoi ? Mes deux parents sont Maliens."
- "Vous n'avez pas de grosses lèvres."
Entendu sur un plateau de doublage. Un directeur de plateau décrit un groupe de trois hommes à l'arrière plan d'une image :
- "Deux hommes et un noir".
PRIX DE L'ACADEMIE BIEN FRANCAISE
Où va la France ? (Editions de Passy, 2008) Yvan Rioufol (éditorialiste au Figaro)
« Si l'administration se contente de la carte d'identité pour reconnaître un Français, l'âme de la nation se nourrit de passions et d'idéaux partagés. Or la France chamboulée peine à se faire désirer autrement que pour ses sous. »
« Comment peut-on être français ? » - publié le 14/07/2006 p. 35
« Jamais les immigrés arméniens, russes, italiens, polonais, espagnols, portugais ne tinrent rigueur à la France de leurs éprouvantes conditions de vie et d'une législation qui, votée par la gauche en 1932, réservait le travail aux Français et se gardait la liberté, sous le Front populaire (lois de 1938) de dénaturaliser et d'expulser au moindre prétexte. Jamais les Asiatiques d'aujourd'hui ne se sont plaints de n'être pas respectés, leitmotiv des cités musulmanes. Les rebelles ne méritent pas tant de sollicitude ». » « Responsable » bloc notes du 20/10/2006
Les Indivisibles
www.lesindivisibles.fr