Peine perdue. Les espoirs des associations ultramarines qui poussaient pour obtenir une dérogation afin que les Guyanais et les Martiniquais de l'Hexagone puissent avoir le droit de participer aux consultations référendaires portant sur les évolutions institutionnelles et statutaires de leurs territoires, ont été douchés par la secrétaire d'Etat à l'outre-mer qui a annoncé qu'aucune dérogation ne serait possible. Les associations avaient pourtant entrepris mettre le paquet pour tenter de peser sur la décision finale.
Certaines avaient lancé une pétition sur le net qui a recueilli des centaines de signatures. D'autres s'en sont remis à Patrick Karam, le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français de l'outre-mer pour faire valoir leurs arguments auprès du chef de l'Etat. Mais ces démarches semblent avoir été vaines. Se réfugiant derrière le code électoral qui dispose que seuls les électeurs, possédant une carte électorale antérieurs à l'année 2009 et résidant sur le territoire consulté, seront autorisé à prendre part au vote, Marie-Luce Penchard, interrogée sur les personnes habilitées à voter, a été très claire et a d'ores et déjà opposé une fin de non-recevoir aux demandes des associations ultramarines. En clair, circulez, il n'y a rien à voir.
Une aspiration légitime
Une véritable douche froide pour les associations qui en avaient leur cheval de bataille arguant que ce srutin présentait des enjeux capitaux pour l'avenir de leurs pays et que le résultat final pourrait avoir des incidences sur leur futur au quotidien. Il paraît en effet légitime que les Guyanais et Martiniquais vivant dans l'Hexagone se sentent concernés par cette consultation et aspirent à déterminer le futur de leurs régions. Leur attachement à leurs régions d'origine apparait naturel. Songerait-on à interdire aux Français de l'étranger à participer aux élections présidentielles ? Ces mêmes Français de l'étranger n'élisent-ils pas leurs représentants au Parlement et au Sénat ? Par ailleurs, il apparaît contestable que des personnes de passage qui n'ont aucun lien avec le territoire dans lequel ils sont installés, sous le prétexte fallacieux qu'ils y résident depuis plus d'un an, puissent avoir le droit de décider de l'avenir du dit territoire , alors que ses propres fils se retrouvent privés de ce droit élémentaire. "On est du pays de son enfance", aimait à dire François Mitterrand pour expliquer son attachement à ses racines.
Il faut croire que Nicolas Sarkozy qui, pourtant, lors d'un de ses discours de campagne affirmait à l'adresse des ultramarins de l'Hexagone : "On ne peut pas séparer les Ultramarins de métropole de ceux restés au pays, comme s'il s'agissait de deux catégories différentes", n'est pas de cet avis et a oublié ses beaux discours .