« Quand je veux bien faire et que ça ne marche pas, ça m'énerve. C'est l'un de mes défauts. Il faut que j'apprenne à être plus zen. La bonne nouvelle, c'est que je n'ai pas encore pris de cartons. Je vais essayer de limiter les dégâts cette année. » L'auteur de cette phrase la semaine dernière ? Stéphane Sessegnon, reconnaissant sa nervosité en ce début d'exercice. Les reporters du quotidien Aujourd'hui en France avaient eu le nez creux en posant cette question. Car depuis le début de saison, le Béninois a parfois paru agacé. Et à Monaco, il a hélas disjoncté. Un jaune puis un rouge direct en fin de match pour un pied en avant dangereux sur Adriano, suivi d'une dispute avec le Monégasque... Sessegnon n'a visiblement pas encore atteint la « zénitude » recherchée.
Déjà pénalisé la saison passée pour une altercation avec le Stéphanois Blaise Matuidi, Stéphane Sessegnon semble marcher dans les traces de ces artistes aux nerfs à fleurs de peau, incapables de contrôler leurs pulsions nerveuses. Dimanche, Adriano l'a sans doute rudoyé. Mais comme tous les adversaires d'un joueur vif et talentueux... L'énervement de Sessegnon vient sans doute aussi de ce match pas vraiment réussi où son positionnement à gauche a semblé le contrarier. Le matin du match, dans les colonnes d'Aujourd'hui en France, il avouait à demi-mot ne prendre que peu de plaisir en jouant à gauche. Malgré cela, le joueur, qui a prolongé cet été, disait accepter le choix de son entraîneur de ne pas le faire jouer derrière les deux attaquants.
Si Sessegnon n'est pas le responsable de la défaite parisienne à Monaco, l'ancien Manceau est aujourd'hui pointé du doigt. Car au-delà de la défaite, son exclusion coûte cher. Avec son jaune et son rouge, Sessegnon devrait au moins écoper d'un match de suspension plus d'un avec sursis. Deux paraîtraient logiques. Le joueur manquera donc la réception de Lyon dimanche prochain comme Erding, blessé. Et cela a prodigieusement énervé Antoine Kombouaré. Si le coach parisien s'est plaint régulièrement dimanche du traitement viril infligé parfois à ses techniciens, il ne peut que regretter la sortie des clous de son numéro 10. Comme il l'a dit en sortant de Louis II avec ces deux buts encaissés, cette défaite et cette exclusion, les valises étaient lourdes au moment de monter dans l'avion pour Paris. Et encore plus sans doute pour Sessegnon...