L'affrontement crampon contre crampon de Lassana Diarra et
Fernando Gago coéquipiers au Real et en guerre à Marseille comme un
symbole: cet Argentine-France n'était pas qu'un match amical.
L'effervescence autour de Diego Maradona
l'avait peut-être masquée, mais il y avait bien un enjeu à ce match,
une couronne à agripper, et c'est l'Argentine qui l'a récupérée, avec
beaucoup de sueur et quelques éclairs de génie.
Il y deux ans déjà Stade de France, les Bleus avaient surtout
caressé le ballon du regard, surclassés par la maîtrise technique des
«gauchos» (défaite 0-1). D'un strict point de vue possession de balle,
l'équipe de France est en progrès. Le score non : la France s'incline
2-0, battus dans l'agressivité et l'inventivité.
Les Français ne s'en remettront pas
En début de match, la maîtrise est sud-américaine, mais les occasions
françaises. En fin de mi-temps, la défense française donne - encore -
des signes de déconcentration. Seul au second poteau Jonas Gutierrez
trompe d'une frappe au rebond étonnant Steve Mandanda, moyennement
inspiré sur le coup. Le match référence du Marseillais chez les Bleus
attendra. L'Argentine mène à la mi-temps, presque contre le cours du
jeu.
Et pourtant les Français ne s'en remettront pas. En deuxième
mi-temps, Raymond Domenech innove. Henry - tout en discrétion - vient
épauler Anelka en pointe, Ribéry retourne à gauche, laissant le flanc
droit orphelin. Entré sous les hués du Vélodrome, Karim Benzema est
tout aussi impuissant. La fin du match tombe dans l'anecdotique, quand
Lionel Messi vitrifie la défense française et trompe un Mandanda,
décidemment en panne d'inspiration. Tolérant envers son gardien, le
Vélodrome réserve sa bile au sélectionneur et lâche les «Domenech
démission». Il valait mieux être sélectionneur argentin ce mercredi à
Marseille.